Andrée Dima

Membre du groupe de travail Réalité

La fuite en avant – Capitalisme en France, épisode 2.

Dans ce deuxième épisode de notre série sur la France, nous nous intéressons à l’enjeu de la dette publique. Comme nous l’avons vu dans l’épisode précédent, le développement du capitalisme français s’est historiquement heurté à deux obstacles : l’existence d’une petite paysannerie propriétaire et la faiblesse des gisements de charbon, qui ont freiné l’essor de la grande industrie et incité les capitaux à privilégier les secteurs improductifs de la banque, du luxe ou du commerce (voir Misère et vanité de la voie française). Pendant la parenthèse gaulliste, l’État a pris ces deux problèmes à bras-le-corps ; mais vingt ou trente ans de rattrapage accéléré n’ont pu combler l’ensemble des retards accumulés – notamment sur le terrain de la production industrielle, où l’affrontement concurrentiel, au lendemain du boom économique, devient très rude entre les firmes américaines et celles de l’Allemagne et du Japon. C'est dans ce contexte général que les grands capitaux français tentent une fuite en avant.

Sur terrain instable : la fin d’un non-système monétaire ?

Dans les années 1990, la décision de la Chine de dévaluer le yuan en achetant des bons du Trésor américain en grandes quantités a affecté toutes les dynamiques de l'accumulation mondiale, jouant un rôle essentiel dans les processus de désindustrialisation en Occident et dans l'extraordinaire accumulation de capital en Chine. En fournissant les outils qui permettent de décrypter cet épisode, cet article propose de revenir sur le rôle des dynamiques monétaires dans la territorialisation de l'accumulation, à l'heure où le système international se transforme et où les cartes pourraient être rebattues.

×